sante

Allergies alimentaires du nourrisson : le guide 2026 pour parents

Marion Leclerc |
allergie alimentaire nourrisson allergies bébé diversification introduction allergènes bébé APLV
Allergies alimentaires du nourrisson : guide 2026 pour parents

---DELIM---

TL;DR

  • 6 à 8 % des nourrissons français présentent une allergie alimentaire avérée selon l'INSERM, soit environ un bébé par classe de maternelle. Le lait de vache, l'œuf, l'arachide, les fruits à coque et le blé représentent à eux seuls plus de 80 % des cas.
  • Depuis 2017, les recommandations de l'ANSES, de la Société Française de Pédiatrie et de l'ESPGHAN convergent : on introduit les allergènes prioritaires entre 4 et 6 mois révolus, sans précaution particulière pour les bébés à faible risque, plutôt que de les éviter.
  • Trois profils de risque guident la conduite : faible (introduction à domicile), modéré (introduction à domicile avec accord pédiatre), élevé (introduction supervisée en hôpital de jour). Le profil élevé concerne les bébés avec eczéma sévère ou allergie alimentaire déjà connue.
  • Tout signe respiratoire, circulatoire ou un gonflement du visage impose un appel au 15 immédiat. Les signes purement cutanés isolés justifient une consultation pédiatrique sous 24 heures.
  • Ce guide est informatif et ne remplace pas l'avis du pédiatre. Pour les bébés à terrain allergique, l'orientation vers un allergologue pédiatrique est la règle.

Allergie alimentaire du nourrisson, de quoi parle-t-on

L'allergie alimentaire est une réaction anormale du système immunitaire face à un aliment habituellement bien toléré. Elle se distingue de l'intolérance, qui n'implique pas le système immunitaire, et de l'aversion sensorielle, qui relève du comportement alimentaire.

L'allergie peut être immédiate, à médiation IgE, avec des signes qui apparaissent dans les 30 minutes après l'ingestion, ou retardée, à médiation cellulaire, avec des signes qui peuvent prendre 24 à 72 heures à se manifester. Cette distinction est importante : la première impose une réaction d'urgence, la seconde un bilan posé chez l'allergologue.

Selon l'INSERM, la prévalence de l'allergie alimentaire chez le nourrisson français est estimée entre 6 et 8 %, soit environ un bébé par classe de maternelle. Cette prévalence a doublé en deux décennies en Europe et en Amérique du Nord, ce qui a poussé les autorités sanitaires à revoir leurs recommandations sur l'introduction des allergènes.

Pour comprendre comment lire une étiquette et repérer les allergènes déclarés en gras dans la liste des ingrédients, consulte notre encyclopédie des additifs qui détaille les codes E et les ingrédients à surveiller chez le nourrisson.

Les huit allergènes prioritaires chez le nourrisson

Le règlement européen INCO impose la déclaration en gras de 14 allergènes sur les étiquettes. Chez le nourrisson, huit d'entre eux représentent plus de 95 % des cas d'allergie alimentaire selon les données du Réseau d'Allergo-Vigilance.

Lait de vache

L'allergie aux protéines de lait de vache (APLV) touche 2 à 3 % des nourrissons dans la première année. Elle peut être IgE-médiée (urticaire, vomissements explosifs) ou non IgE-médiée (entérocolite, sang dans les selles, eczéma flambé). Bonne nouvelle : 75 à 90 % des enfants guérissent spontanément avant 5 ans.

Le diagnostic se fait par éviction-réintroduction encadrée, parfois associé à des tests sanguins ou cutanés. En cas d'APLV confirmée, on prescrit un hydrolysat extensif de protéines de lait de vache ou, en cas d'échec, une formule à base d'acides aminés. Les laits végétaux (soja, riz, amande) ne conviennent pas avant 1 an.

Œuf

L'allergie à l'œuf touche 1 à 2 % des nourrissons. Elle concerne en particulier le blanc (ovomucoïde, ovalbumine). La guérison spontanée intervient avant 5 ans dans environ 70 % des cas.

Particularité utile : l'œuf cuit (par exemple dans un cake bien doré) est souvent toléré alors que l'œuf cru ou peu cuit déclenche la réaction. L'introduction se fait classiquement à 6 mois sous forme d'œuf dur écrasé, mélangé à une purée tiède.

Arachide

L'allergie à l'arachide est la première cause d'anaphylaxie alimentaire chez l'enfant en France. Sa prévalence est passée de 0,5 % à environ 2 % en deux décennies. Contrairement aux allergies au lait et à l'œuf, elle persiste à l'âge adulte dans 80 % des cas.

L'introduction précoce entre 4 et 11 mois réduit de 81 % le risque d'allergie à 5 ans, selon l'étude LEAP publiée dans le New England Journal of Medicine en 2015. Pour le protocole détaillé, consulte notre guide d'introduction précoce de l'arachide.

Fruits à coque

Amande, noisette, noix, noix de cajou, pistache : ces allergies sont moins fréquentes que celle à l'arachide mais persistent souvent à l'âge adulte. Chaque fruit à coque est introduit séparément, sous forme de purée fine ou de poudre, jamais entière avant 4 à 5 ans (risque de fausse route).

Blé et gluten

L'allergie au blé est rare (moins de 0,5 % des nourrissons), à distinguer de la maladie cœliaque (auto-immune). L'ESPGHAN recommande l'introduction du gluten entre 4 et 12 mois pour réduire le risque cœliaque, idéalement pendant l'allaitement maternel.

Poisson

L'allergie au poisson concerne 0,2 % des nourrissons en France et persiste souvent à l'âge adulte. Les poissons gras (saumon, sardine, maquereau) sont introduits entre 6 et 8 mois pour leurs apports en oméga-3. Limiter les gros poissons prédateurs (thon, espadon, requin) avant 3 ans selon l'ANSES, pour cause de méthylmercure.

Soja

L'allergie au soja touche surtout les nourrissons déjà APLV (15 à 30 % de réaction croisée). Les boissons végétales au soja ne remplacent jamais un lait infantile, c'est une consigne formelle de la Société Française de Pédiatrie.

Sésame

Allergène émergent, le sésame est responsable de 1 à 2 % des allergies alimentaires de l'enfant et figure dans les 14 allergènes à déclaration obligatoire en Europe. Il est présent dans le houmous, le tahin, certains pains et biscuits industriels.

Pourquoi les recommandations ont basculé en 2017

Pendant trois décennies, le réflexe pédiatrique a été d'éviter les allergènes le plus longtemps possible chez les bébés à risque. L'arachide n'était pas introduite avant 3 ans, l'œuf attendait souvent 12 mois, le poisson 9 mois. Cette stratégie reposait sur l'intuition « pas de contact, pas de sensibilisation ».

L'inverse s'est produit. La prévalence des allergies alimentaires a doublé entre 1997 et 2017 en France selon les données de l'INSERM. L'allergie à l'arachide a explosé chez les enfants scolarisés. L'hypothèse de la « fenêtre d'opportunité » s'est imposée : il existerait une période entre 4 et 11 mois pendant laquelle le système immunitaire du nourrisson apprend à tolérer plutôt qu'à attaquer les protéines alimentaires.

L'étude LEAP en 2015, puis l'étude EAT (Enquiring About Tolerance) publiée dans le New England Journal of Medicine en 2016, ont validé cette hypothèse. Sur 1 303 nourrissons, EAT a montré une réduction de 67 % des allergies alimentaires multiples chez les bébés exposés précocement aux six allergènes principaux.

En France, l'ANSES a publié son avis révisé en 2019, mis à jour en 2022, qui aligne les recommandations sur l'introduction précoce. La Société Française de Pédiatrie a suivi, l'ESPGHAN au niveau européen aussi.

Profils de risque allergique du nourrisson

Trois profils orientent la conduite à tenir. Cette classification est utilisée par les allergologues pédiatriques français et reprise dans les protocoles d'introduction des CHU.

Risque faible

Bébé sans eczéma significatif, sans allergie alimentaire connue, sans antécédent familial direct au premier degré. La majorité des nourrissons relèvent de ce profil.

Conduite : introduction des allergènes à domicile, à partir de 4 à 6 mois révolus, après les premiers légumes et fruits. Pas de test préalable nécessaire. On introduit un allergène à la fois, en quantité progressive sur quelques jours, en surveillant les signes immédiats et retardés.

Risque modéré

Bébé avec eczéma léger à modéré nécessitant des dermocorticoïdes, ou antécédent familial d'allergie alimentaire chez un parent ou frère ou sœur, mais sans allergie identifiée chez l'enfant lui-même.

Conduite : introduction à domicile avec accord du pédiatre. Première exposition idéalement le matin, en présence d'un adulte vigilant, avec un antihistaminique pédiatrique de secours connu (sur ordonnance préventive si le pédiatre est d'accord). On peut espacer les introductions de nouveaux allergènes pour mieux identifier l'origine d'une éventuelle réaction.

Risque élevé

Bébé avec eczéma atopique sévère persistant malgré un traitement bien conduit, allergie alimentaire déjà identifiée (par exemple à l'œuf), ou allergie alimentaire multiple suspectée.

Conduite : avis allergologue pédiatrique avant introduction. Tests cutanés (prick-tests) ou IgE spécifiques pour les principaux allergènes. Selon les résultats, introduction à domicile encadrée, en hôpital de jour avec test de provocation orale, ou éviction temporaire avec calendrier de réintroduction sur 12 à 24 mois.

Calendrier pratique d'introduction des allergènes

Le calendrier ci-dessous concerne les bébés à risque faible ou modéré. Pour les bébés à risque élevé, il est adapté individuellement par le pédiatre ou l'allergologue.

4 à 6 mois

  • Démarrage diversification avec un légume cuit en purée pendant 5 à 7 jours.
  • Introduction du premier fruit en compote sans sucre ajouté pendant 5 à 7 jours.
  • Premier allergène : lait de vache sous forme de yaourt nature ou fromage blanc nature (si pas allaité par lait maternel uniquement), 1 cuillère à café par jour, augmentation progressive.
  • Introduction de l'œuf cuit dur, écrasé, 1 demi-cuillère à café diluée dans une purée tiède.
  • Introduction du beurre d'arachide 100 % cacahuète sans sel ni sucre, 1 demi-cuillère à café diluée dans une purée tiède.

Pour les principes généraux de la diversification, voir notre guide diversification 4 à 12 mois.

6 à 9 mois

  • Introduction du poisson cuit, désarêté, écrasé dans une purée, 2 fois par semaine maximum les premières semaines.
  • Introduction des céréales infantiles avec gluten ou pain mou (sans sel et sans sucre).
  • Introduction du sésame sous forme de tahin ou de houmous (en petite quantité, attention au sel).
  • Introduction du soja sous forme de tofu écrasé ou yaourt au soja nature.
  • Maintenir 2 à 3 expositions par semaine pour chaque allergène déjà introduit.

9 à 12 mois

  • Introduction progressive des fruits à coque sous forme de purée fine ou poudre (jamais entiers).
  • Augmentation des textures (morceaux fondants, finger food sous surveillance).
  • Diversification des protéines animales et végétales.

Après 12 mois

  • Maintien de la rotation alimentaire avec tous les allergènes 2 à 3 fois par semaine pour consolider la tolérance.
  • Surveillance des nouveaux aliments rares (kiwi, sarrasin, lupin) qui peuvent déclencher des allergies tardives.

Reconnaître une réaction allergique

Réaction immédiate (15 à 30 minutes)

Les signes apparaissent rapidement après l'ingestion. Cinq signes doivent déclencher une alerte :

  1. Urticaire généralisée (plaques rouges en relief sur le tronc, les membres, le visage).
  2. Gonflement des lèvres, des paupières ou du visage.
  3. Vomissements répétés, plus d'un, dans les 30 minutes.
  4. Toux sèche persistante, sifflement respiratoire, gêne respiratoire.
  5. Pâleur, somnolence inhabituelle, hypotonie, malaise.

Conduite : appel au 15 immédiat. Allonger le bébé sur le côté en position latérale de sécurité. Donner l'antihistaminique pédiatrique si disponible (cétirizine en gouttes par exemple, sur ordonnance préalable). Si un stylo auto-injecteur d'adrénaline a été prescrit, l'utiliser sans hésiter en cas de signes respiratoires ou circulatoires.

L'anaphylaxie est définie par l'atteinte d'au moins deux systèmes (peau plus respiratoire, par exemple) ou par une hypotension. C'est une urgence vitale. La société française d'allergologie rappelle que le retard à l'injection d'adrénaline est le premier facteur de gravité.

Réaction retardée (2 à 48 heures)

Les signes sont plus insidieux et souvent digestifs ou cutanés :

  • Eczéma qui flambe ou s'aggrave nettement dans les 24 heures suivant un repas.
  • Diarrhée persistante avec parfois traces de sang ou de glaires.
  • Refus alimentaire prolongé, pleurs inconsolables pendant ou après les repas.
  • Stagnation pondérale inexpliquée.
  • Reflux qui s'aggrave après un changement alimentaire.

Conduite : consultation pédiatrique dans les 24 à 48 heures, sans arrêt brutal de l'aliment suspect (sauf APLV évidente). Le pédiatre peut orienter vers un allergologue pour un bilan posé.

Que faire en cas d'allergie confirmée

Une allergie alimentaire confirmée chez le nourrisson nécessite cinq étapes encadrées.

1. Éviction stricte de l'allergène

L'allergène est évincé totalement, y compris dans les mentions « peut contenir des traces ». Cela demande une lecture systématique des étiquettes. Les 14 allergènes principaux sont signalés en gras dans la liste des ingrédients, en application du règlement européen INCO 1169/2011. Pour s'entraîner à lire les étiquettes des produits bébé industriels, consulte notre analyse des additifs dans les petits pots.

2. Bilan allergologique posé

Tests cutanés (prick-tests) et dosage sanguin des IgE spécifiques pour quantifier le niveau de sensibilisation et identifier d'éventuelles allergies associées (souvent croisées : noisette et noix, lait et bœuf, œuf et plumes d'oiseau).

3. Plan d'action d'urgence personnalisé (PAP)

Document écrit, daté, signé par le pédiatre ou l'allergologue. Il précise les symptômes à surveiller, les médicaments à administrer (antihistaminique, corticoïde, adrénaline), les doses, la conduite en cas d'aggravation. Il est remis à la crèche, à l'assistante maternelle, à la famille.

4. Prescription d'auto-injecteur d'adrénaline

Indispensable en cas d'antécédent d'anaphylaxie ou de réaction sévère, ou pour les allergies à risque (arachide, fruits à coque, poisson, lait). Stylo de type Jext, EpiPen ou Emerade. Doit toujours rester accessible (à la maison, dans le sac de change, en crèche). Vérifier la date de péremption tous les 6 mois.

5. Réévaluation périodique

Selon l'allergène, on réévalue tous les 12 à 24 mois. Pour le lait de vache et l'œuf, beaucoup d'enfants guérissent spontanément avant 5 ans. Pour l'arachide, les fruits à coque, le poisson et les fruits de mer, la guérison spontanée est plus rare. L'immunothérapie orale (ITO) est une option thérapeutique en hôpital spécialisé à partir de 4 ans pour les allergies à risque.

Crèche, nounou, école : transmettre le PAP

Quand bébé est confié à une structure, plusieurs documents sont nécessaires.

  • Le PAP signé par le pédiatre ou allergologue.
  • Le PAI (projet d'accueil individualisé) pour la crèche, l'école ou la cantine, rédigé avec le médecin scolaire.
  • Une ordonnance pour les médicaments d'urgence (antihistaminique, adrénaline), à laisser sur place.
  • Une formation rapide du personnel à l'utilisation du stylo auto-injecteur d'adrénaline.

La circulaire interministérielle n° 2003-135 cadre l'accueil en collectivité des enfants atteints de troubles de la santé évoluant sur une longue période.

Le cas particulier de l'allaitement et de l'allergie

L'allaitement maternel exclusif jusqu'à 6 mois est recommandé par l'OMS et par l'ANSES. Il est associé à une réduction modérée du risque d'allergie alimentaire selon plusieurs méta-analyses, sans constituer une protection absolue.

Si un bébé allaité présente une allergie aux protéines de lait de vache confirmée, un régime d'éviction des produits laitiers est prescrit à la mère. Ce régime comporte une supplémentation systématique en calcium (500 mg par jour) et en vitamine D, validée par le pédiatre ou la consultante en lactation. Il dure en général 6 à 12 mois avant réévaluation.

En dehors de cette situation précise, la mère qui allaite n'a aucune raison d'éviter les allergènes : ni pendant la grossesse, ni pendant l'allaitement. Cette consigne, longtemps recommandée, est aujourd'hui contredite par les méta-analyses Cochrane les plus récentes.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Confondre éruption cutanée et allergie. Le visage rougit souvent autour de la bouche par contact mécanique avec des aliments acides (tomate, fraise). Si cela disparaît en 30 minutes sans autre signe, ce n'est pas allergique.
  • Évincer un aliment au moindre soupçon sans bilan. L'éviction prolongée expose à la perte de tolérance.
  • Arrêter l'allergène après une introduction réussie. La tolérance se consolide par 2 à 3 expositions par semaine sur la première année.
  • Donner du lait végétal (riz, amande, avoine, soja) en remplacement du lait infantile avant 1 an. La Société Française de Pédiatrie est formelle : cela expose à des carences sévères en protéines et en acides aminés essentiels.
  • Confondre allergie et intolérance au lactose. L'intolérance primaire au lactose avant 1 an est exceptionnelle.

Pour évaluer la qualité des laits infantiles disponibles en France, consulte notre comparatif des laits infantiles par âge qui détaille les notes A à E sur huit critères pondérés.

Position des autorités sanitaires en 2026

  • ANSES : avis relatif à l'actualisation des repères du PNNS pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant, publié en 2019, mis à jour en 2022. Recommandation explicite d'introduire les huit allergènes prioritaires entre 4 et 11 mois.
  • Société Française de Pédiatrie : recommandations sur la diversification alimentaire, dernière mise à jour 2023. Aligne ses guidelines sur l'ESPGHAN et l'ANSES.
  • Santé Publique France : recommandations sur l'alimentation du nourrisson dans le cadre du PNNS et du programme Manger Bouger, intégrant les repères de l'ANSES.
  • ESPGHAN : Complementary Feeding: A Position Paper, J Pediatr Gastroenterol Nutr 2017. Référence européenne pour l'introduction précoce des allergènes.
  • OMS : allaitement maternel exclusif jusqu'à 6 mois, sans contre-indication à l'introduction d'allergènes une fois la diversification commencée.
  • Haute Autorité de Santé (HAS) : fiches mémo sur la prise en charge de l'eczéma atopique de l'enfant (2019), qui inclut les recommandations sur le bilan allergologique pédiatrique.
  • Ministère de la Santé : circulaire interministérielle n° 2003-135 sur l'accueil en collectivité des enfants atteints de troubles de la santé évoluant sur une longue période.

Pour les sources directes : ANSES nutrition petite enfance, Société Française de Pédiatrie, Santé Publique France, ESPGHAN publications, OMS infant feeding, Haute Autorité de Santé, INSERM allergies alimentaires.

Pour aller plus loin sur BébéDécrypte

Pour identifier les produits adaptés à chaque âge et chaque profil allergique, parcours notre catalogue par âge qui regroupe les meilleurs produits notés A et B par tranche d'âge, du 4 mois au 36 mois.

Pour comprendre comment nous notons les produits sur huit critères pondérés (Nutri-Score, NOVA, additifs, sucres, bio, transparence allergènes, origine, simplicité), consulte notre méthodologie complète.

Pour vérifier en temps réel les rappels produits en cours sur l'alimentation bébé, notre page des rappels DGCCRF est mise à jour à partir des données officielles de RappelConso.

Conclusion

L'allergie alimentaire du nourrisson est un sujet de santé publique avec une prévalence qui a doublé en deux décennies. Le retournement de 2017 a basé l'attitude pédiatrique sur l'introduction précoce et régulière des huit allergènes prioritaires.

Trois profils de risque guident la conduite : faible pour la majorité des bébés (introduction à domicile sans test préalable), modéré avec accord pédiatre, élevé en milieu hospitalier. Tout signe respiratoire ou circulatoire impose un appel au 15. Une allergie confirmée se gère avec un plan d'action d'urgence écrit, une éviction stricte de l'allergène, et une réévaluation périodique en allergologie pédiatrique.

Ce guide est informatif et ne remplace pas l'avis de ton pédiatre. Toute introduction d'allergène chez un bébé à terrain atopique sévère, ou tout doute sur un symptôme, justifie un échange direct avec un professionnel de santé.

Sources et références

  • ANSES. Avis relatif à l'actualisation des repères du PNNS pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Maisons-Alfort, 2019 (mise à jour 2022).
  • Société Française de Pédiatrie. Recommandations sur la diversification alimentaire du nourrisson. Paris, mise à jour 2023.
  • Fewtrell M, Bronsky J, Campoy C, et al. Complementary Feeding: A Position Paper by the European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition (ESPGHAN) Committee on Nutrition. J Pediatr Gastroenterol Nutr 2017 ; 64 : 119-132.
  • Du Toit G, Roberts G, Sayre PH, et al. Randomized Trial of Peanut Consumption in Infants at Risk for Peanut Allergy (LEAP study). N Engl J Med 2015 ; 372 : 803-813.
  • Perkin MR, Logan K, Tseng A, et al. Randomized Trial of Introduction of Allergenic Foods in Breast-Fed Infants (EAT study). N Engl J Med 2016 ; 374 : 1733-1743.
  • Halken S, Muraro A, de Silva D, et al. EAACI guideline: Preventing the development of food allergy in infants and young children (2020 update). Pediatr Allergy Immunol 2021 ; 32 : 843-858.
  • INSERM. Allergies alimentaires de l'enfant : état des connaissances 2023. Paris.
  • Haute Autorité de Santé. Prise en charge de la dermatite atopique de l'enfant. Saint-Denis, 2019.
  • Santé Publique France. Repères nutritionnels pour les enfants de moins de 3 ans. Paris, 2021.
  • Circulaire interministérielle n° 2003-135 du 8 septembre 2003 relative à l'accueil en collectivité des enfants atteints de troubles de la santé évoluant sur une longue période.

Cet article a été relu par Dr. Claire Vasseur, pédiatre nutritionniste (DU Nutrition Pédiatrique, Université Paris Descartes, 10 ans de pratique clinique). Toute correction ou imprécision peut être signalée à contact@bebedecrypte.com. Voir notre politique de corrections publiques et nos standards éditoriaux.

Questions fréquentes

À quel âge introduire les principaux allergènes chez bébé ?
Les recommandations actuelles de l'ANSES, de la Société Française de Pédiatrie et de l'ESPGHAN convergent vers une introduction entre 4 et 6 mois révolus, une fois la diversification lancée avec un légume puis un fruit. Cette fenêtre concerne les huit allergènes prioritaires chez le nourrisson : lait de vache, œuf, arachide, fruits à coque, blé (gluten), poisson, soja et sésame. L'idée d'éviter ou de retarder ces aliments jusqu'à 1 an, longtemps répandue, a été abandonnée depuis 2017 car l'évitement précoce semble augmenter le risque de sensibilisation. Pour les bébés à haut risque (eczéma sévère ou allergie déjà identifiée), l'introduction doit être encadrée par un pédiatre, idéalement avec un avis allergologue.
Comment reconnaître une réaction allergique chez un nourrisson ?
Les signes peuvent apparaître dans les 30 minutes (réaction immédiate à médiation IgE) ou dans les 24 à 48 heures (réaction retardée, plus souvent digestive). Les signes immédiats incluent : urticaire (plaques rouges en relief), gonflement des lèvres ou des paupières, vomissements répétés, toux sèche, sifflement respiratoire, pâleur ou somnolence inhabituelle. Les signes retardés sont plutôt : eczéma qui flambe, diarrhée persistante, sang dans les selles, refus alimentaire, pleurs inconsolables pendant les repas. Tout signe respiratoire ou circulatoire impose un appel au 15 immédiat. En cas de signes purement cutanés isolés et rapidement régressifs, consulte ton pédiatre dans les 24 heures.
Allaitement et allergies, faut-il que la mère évite des aliments ?
Non, sauf cas d'allergie déjà diagnostiquée chez le bébé. Les recommandations de l'ANSES et de l'OMS sont claires : la mère qui allaite doit maintenir une alimentation variée, incluant les allergènes prioritaires. Les éviter pendant la grossesse ou l'allaitement n'apporte aucun bénéfice préventif et peut au contraire fragiliser la mère sur le plan nutritionnel. En cas d'APLV (allergie aux protéines de lait de vache) confirmée chez le bébé allaité, un régime d'éviction des produits laitiers est prescrit à la mère par le pédiatre, avec supplémentation en calcium et vitamine D. Ce régime est temporaire et réévalué tous les 6 mois.
Quelle différence entre allergie et intolérance alimentaire ?
L'allergie alimentaire implique le système immunitaire, soit via les IgE (réactions rapides, urticaire, anaphylaxie), soit via les cellules T (réactions retardées, eczéma, troubles digestifs). L'intolérance est une difficulté digestive sans implication immunologique, comme l'intolérance au lactose (déficit en lactase) ou la sensibilité aux fructanes. L'intolérance peut donner des ballonnements, des gaz, une diarrhée, mais jamais d'urticaire, de gonflement ou de choc anaphylactique. Le diagnostic se fait par tests sanguins (IgE spécifiques), tests cutanés (prick-tests) ou test d'éviction-réintroduction encadré. Avant 6 mois, l'intolérance au lactose primaire est extrêmement rare car le bébé naît avec une activité lactasique élevée.
Faut-il faire des tests allergologiques systématiques avant la diversification ?
Non. Les tests sanguins (IgE spécifiques) ou cutanés (prick-tests) ne sont pas recommandés en routine pour les bébés sans antécédent allergique. Ils ont une faible valeur prédictive positive sur un terrain à faible risque et peuvent conduire à des évictions inutiles. Les tests sont justifiés dans trois situations : eczéma atopique sévère persistant malgré traitement bien conduit, allergie alimentaire déjà identifiée chez l'enfant (par exemple œuf, et on veut introduire l'arachide), réaction allergique antérieure non documentée à un aliment. Le test se fait dès 4 mois en cabinet allergologue ou en hôpital de jour. Un résultat doit toujours être interprété par un médecin avec un test de provocation orale si besoin.