Lait d'amande pour bébé : risques et alternatives
TL;DR :
- Le lait d'amande ne remplace jamais le lait maternel ou une préparation infantile avant 1 an, ni totalement ni partiellement.
- L'appellation « lait d'amande » est légale, mais c'est une exception de vocabulaire, pas un feu vert nutritionnel.
- Sur 75 boissons végétales étiquetées analysées par l'ANSES, 73 % apportaient moins d'énergie que le seuil minimum de l'alimentation infantile et 83 % avaient des apports protéiques inadaptés.
- L'Agence a instruit en 2011 un cas d'alcalose métabolique sévère chez un enfant de 12 mois nourri exclusivement à la boisson aux amandes.
- En cas d'allergie aux protéines de lait de vache, les vraies solutions sont médicales : hydrolysat poussé, acides aminés libres, préparation au riz ou au soja sur prescription.
- Après 1 an, une boisson à l'amande non sucrée et enrichie peut venir en complément, jamais en remplacement du lait.
- Jamais d'amande entière avant 5 ans : risque d'étouffement rappelé explicitement par l'ANSES.
- Article à jour au mois d'août 2026. Voir aussi notre dossier sur les laits végétaux interdits avant 1 an.
Lait d'amande pour bébé : la réponse courte
Un bébé de moins de 1 an ne doit pas recevoir de boisson à l'amande à la place de son lait. L'ANSES écrit que les préparations pour nourrissons et les préparations de suite ne doivent pas être substituées par des boissons végétales chez les enfants de moins de 1 an, la formulation valant pour un remplacement total comme partiel.
La raison tient en une comparaison simple. Une préparation pour nourrissons est un aliment dont la teneur en énergie, en protéines, en lipides, en glucides, en minéraux et en une vingtaine de vitamines est encadrée par des valeurs minimales et maximales opposables. Une boisson à l'amande est une boisson d'alimentation courante, soumise aux mêmes obligations qu'un jus de fruits, c'est-à-dire presque aucune sur le plan nutritionnel. Entre les deux il n'y a pas une nuance de qualité, il y a un changement de catégorie.
Ce que cette règle ne dit pas : que l'amande serait un mauvais aliment. L'amande est excellente, riche en lipides de bonne qualité, en magnésium et en vitamine E. Le problème n'est pas l'amande, c'est la dilution. Une brique contient en général quelques pourcents d'amande dans de l'eau, et cette eau ne nourrit pas un bébé de 4 mois. Pour situer les laits par tranche d'âge, notre comparatif des laits 1er, 2e et 3e âge pose le cadre.
Pourquoi « lait d'amande » est une appellation légale et trompeuse
Le mot « lait » est autorisé sur une brique d'amande, alors qu'il est interdit sur une brique d'avoine ou de riz. Ce n'est pas une incohérence de rayon, c'est une exception réglementaire ancienne, et elle explique une bonne partie de la confusion des parents.
La réglementation européenne définit le lait comme le produit provenant de la traite d'une ou plusieurs vaches. Tout lait issu d'une autre femelle laitière doit préciser l'espèce. Pour les boissons d'origine végétale, l'ANSES rappelle dans son avis relatif aux boissons autres que le lait maternel chez le nourrisson que seules les dénominations « lait de coco » et « lait d'amande » sont autorisées, les autres produits devant porter le nom de boisson ou de jus.
Cette tolérance porte sur le nom commercial et sur rien d'autre. Elle ne certifie ni une composition, ni un usage, ni une adéquation à un âge. Le raisonnement vaut aussi pour les laits d'origine animale non bovine, où le mot « lait » est parfaitement légal alors que la composition reste inadaptée au nourrisson, comme détaillé dans notre article sur le lait de chèvre pour bébé.
Le marketing a fait le reste. L'ANSES a relevé que 65 % des produits recensés portaient une allégation à caractère nutritionnel, et que certaines briques affichaient des mentions du type « recommandé pour une croissance harmonieuse », voire des illustrations d'enfant tenant un biberon. Un parent pressé lit une promesse de croissance sur un produit qui a le droit de s'appeler lait. En rayon, un seul repère est fiable : la mention « préparation pour nourrissons » ou « préparation de suite », qu'aucune boisson végétale du rayon épicerie ne porte.
Ce que contient vraiment une boisson à l'amande face à un lait infantile
L'écart entre une boisson à l'amande et une préparation infantile est mesuré, chiffré et documenté, et il porte sur presque tous les paramètres à la fois. L'ANSES a recensé 211 boissons végétales sur le marché français entre octobre et novembre 2011, dont 75 portaient un étiquetage exploitable, puis a comparé ces 75 produits aux seuils réglementaires de l'alimentation infantile.
Les écarts relevés dans le même avis ANSES :
- Énergie : apport inférieur au seuil minimum dans 73 % des cas.
- Protéines : apports inadaptés dans 83 % des cas, dont 26 % sous le seuil minimum et 57 % au-dessus du maximum.
- Lipides : apport inférieur au seuil minimum dans 77 % des cas.
- Sodium : apports inadaptés dans 69 % des cas, dont 12 % sous le minimum et 57 % au-dessus du maximum.
- Micronutriments : les teneurs en acides gras polyinsaturés et en vitamines n'étaient pas indiquées, et celles en fer, en chlore et en potassium n'apparaissaient jamais sur l'étiquetage.
Ce dernier point est le plus spécifique à l'amande. Les cas d'alcalose métabolique rapportés chez des nourrissons concernaient des boissons à base d'amande apportant de très faibles quantités de chlorures. Or le chlore ne figure sur aucune étiquette de boisson végétale : un parent qui lit consciencieusement l'emballage n'a aucun moyen de repérer le danger, parce que le nutriment en cause n'y est pas mentionné.
Deux conséquences pratiques. La mention « enrichi en calcium » ne compense rien, puisqu'elle corrige un paramètre sur la vingtaine imposée aux préparations infantiles. Et le fer manque presque toujours, ce qui est critique entre 6 et 12 mois quand les réserves constituées pendant la grossesse s'épuisent, comme expliqué dans notre article sur la carence en fer chez le bébé.
Les carences réellement documentées chez des nourrissons
Les accidents liés à l'usage de boissons végétales chez le nourrisson ne relèvent pas de la théorie, ils ont été publiés et instruits. Au titre de sa mission de nutrivigilance, l'ANSES a instruit en 2011 un cas d'alcalose métabolique sévère chez un enfant de 12 mois nourri de façon exclusive, par nutrition entérale, avec une boisson aux amandes.
Le tableau décrit dans l'avis pour ce type d'alimentation associe déshydratation, alcalose métabolique, hypochlorémie et hypokaliémie, en lien direct avec la très faible teneur en chlorures de la boisson. Ce n'est pas une carence qui met un an à s'installer, c'est un déséquilibre électrolytique qui se constitue en quelques semaines chez un organisme dont le poids de naissance doit tripler en douze mois.
Le décompte plus large est le suivant. Deux études recensées dans l'avis totalisent 13 cas de complications chez des nourrissons de 2 à 14 mois nourris avec des boissons à base d'amande, de riz, de soja ou de châtaigne. Les motifs d'hospitalisation comprennent une dénutrition protéino-énergétique majeure avec œdèmes et hypoalbuminémie profonde, un état de mal convulsif lié à une hypocalcémie, cinq anémies ferriprives sévères, une hypovitaminose D, une hyponatrémie majeure et une détresse respiratoire par alcalose métabolique. Un enfant est décédé des séquelles de son accident neurologique.
Un point mérite d'être souligné, parce qu'il désarme la culpabilité autant que la minimisation : dans la majorité des cas, l'abandon de la préparation infantile était motivé par de petits troubles digestifs ou des difficultés au moment du sevrage. Ces parents cherchaient à soulager leur bébé, avec un produit vendu à côté des laits et portant le mot lait.
Ces situations restent rares. Le message utile n'est pas la peur mais la vigilance sur un point précis : la substitution de l'alimentation lactée. Un fond de boisson à l'amande dans un porridge chez un enfant de 10 mois qui prend par ailleurs ses 500 ml de lait infantile n'a rien à voir avec un biberon d'amande donné à la place du lait.
Les quatre raisons qui poussent les parents vers l'amande
Les motivations des familles sont toujours les mêmes, et l'ANSES les a listées : allergie aux protéines de lait de vache, intolérance au lactose, végétalisme, méfiance vis-à-vis du lait de vache. Aucune ne conduit logiquement à la boisson à l'amande.
- Allergie aux protéines de lait de vache : motif le plus fréquent et le plus mal orienté. Une allergie vraie se traite avec des préparations infantiles prescrites, pas avec un produit d'épicerie. Signes, diagnostic et régimes sont détaillés dans notre dossier sur l'allergie aux protéines de lait de vache.
- Intolérance au lactose : rare chez le nourrisson, souvent confondue avec de simples coliques, et il existe des préparations sans lactose. Les vraies indications sont dans notre article sur le lait sans lactose pour bébé.
- Végétalisme familial : il expose avant 3 ans à des carences en fer, zinc, iode, vitamine B12, calcium et acides gras à longue chaîne, et exige un accompagnement médical et diététique structuré.
- Méfiance vis-à-vis du lait de vache : la discussion mérite d'avoir lieu avec ton pédiatre, parce que le risque du produit de substitution dépasse largement celui qu'on cherche à éviter.
Les alternatives réellement validées avant 1 an
Quand une préparation classique ne convient pas, les solutions existent et elles portent toutes le statut de préparation infantile. Elles sont réglementées, formulées pour couvrir l'intégralité des besoins du nourrisson, et le choix relève du médecin.
- Hydrolysat poussé de protéines : première intention dans l'allergie aux protéines de lait de vache, avec des protéines découpées en fragments trop petits pour déclencher la réaction.
- Préparation à base d'acides aminés libres : réservée aux formes sévères ou aux échecs d'hydrolysat.
- Préparation infantile à base de protéines de riz : une vraie préparation infantile, sans rapport avec une boisson au riz du commerce.
- Préparation infantile à base de protéines de soja : encadrée, mais avec deux réserves explicites de l'ANSES.
- Préparation à base de protéines de lait de chèvre : autorisée, sans intérêt en cas d'allergie aux protéines de lait de vache du fait des réactions croisées.
Les deux réserves sur le soja sont souvent ignorées. L'ANSES indique dans son avis sur l'alimentation des enfants de 0 à 3 ans que les préparations à base de protéines de soja ne devraient pas être proposées durant les six premiers mois de vie, notamment du fait de leur teneur en isoflavones, et qu'elles ne devraient pas être utilisées en première intention chez l'enfant allergique aux protéines de lait de vache, car 10 à 14 % des nourrissons allergiques aux protéines de lait de vache le sont aussi aux protéines de soja.
Ce que cela change dans ton quotidien : si ton bébé tolère mal son lait actuel, la démarche est de consulter, de faire poser un diagnostic et de repartir avec une prescription. Les préparations dites hypoallergéniques vendues sans ordonnance relèvent d'une logique différente, celle de la prévention et non du traitement, comme expliqué dans notre article sur les laits HA et leurs indications réelles.
Amande et allergie aux fruits à coque : le point à ne pas manquer
L'amande fait partie des fruits à coque, un groupe d'allergènes majeurs à déclaration obligatoire, et la logique d'introduction a changé de sens ces dernières années. Retarder l'introduction ne protège pas de l'allergie et pourrait même favoriser la sensibilisation.
L'ANSES demande, une fois la diversification commencée, de ne pas retarder l'introduction des allergènes alimentaires majeurs, que l'enfant soit ou non à risque. L'amande sous forme de purée fine entre donc dans le champ des aliments qu'on peut proposer au cours de la première année, dans le cadre général de la diversification alimentaire de 4 à 12 mois. Introduire l'amande dans l'alimentation solide et donner une boisson à l'amande à la place du lait sont deux gestes totalement différents, et seul le second pose problème.
Les signes d'une réaction apparaissent en général dans les minutes à deux heures suivant la prise : plaques rouges ou urticaire, gonflement des lèvres ou des paupières, vomissements immédiats, diarrhée aiguë, toux ou respiration sifflante, pâleur inhabituelle avec somnolence. Une gêne respiratoire, un gonflement du visage ou de la gorge, ou un malaise imposent d'appeler le 15 sans attendre. En cas de doute, arrête l'aliment, note ce qui a été donné et à quelle heure, et consulte avant toute réintroduction. Les démarches sont décrites dans notre guide des allergies alimentaires du nourrisson, et la page allergie alimentaire de l'Assurance Maladie résume le circuit de prise en charge.
Un antécédent familial marqué de fruits à coque, un eczéma sévère du nourrisson ou une réaction alimentaire antérieure appellent une prudence supplémentaire : la première introduction se discute alors avec le médecin, parfois en milieu hospitalier.
Jamais d'amande entière avant 5 ans
Une amande entière ne se donne pas à un enfant de moins de 5 ans, quelle que soit sa dextérité apparente. Ce point relève de la sécurité mécanique et non de la nutrition, et il est indépendant de tout ce qui précède.
L'ANSES est explicite dans son avis sur l'alimentation des 0 à 3 ans : les petits aliments de forme cylindrique ou sphérique qui résistent à l'écrasement, tels que les fruits à coque, l'arachide et les grains de raisin, ne doivent pas être consommés entiers en raison du risque d'étouffement. Une amande coche les trois critères à la fois, forme arrondie, petite taille et dureté.
Les formes acceptables chez un tout-petit, une fois les fruits à coque introduits :
- Purée d'amande complète bien lisse, une petite cuillère mélangée à une compote, un porridge ou une purée de légumes.
- Poudre d'amande finement moulue, incorporée à une préparation cuite comme un gâteau ou un flan maison sans sucre ajouté.
- Amande mixée avec un liquide jusqu'à une texture homogène, sans éclat perceptible sous les doigts.
Les formes à écarter avant 5 ans : amande entière, amande effilée, éclats d'amande dans une pâtisserie, amande grillée salée, praliné en morceaux. Un bon test tient en un geste, écraser l'échantillon entre le pouce et l'index. S'il résiste, il ne va pas dans la bouche d'un enfant de moins de 5 ans.
Après 1 an, ce qui devient possible et à quelles conditions
À partir de 1 an, une boisson à l'amande peut entrer dans l'alimentation d'un enfant, en complément et non en remplacement du lait. Le repère lacté reste le lait de croissance ou le lait de vache entier selon l'option retenue avec ton médecin.
Trois conditions rendent cet usage raisonnable :
- Non sucrée. Beaucoup de boissons à l'amande contiennent du sucre de canne, du sirop de riz ou des maltodextrines, que l'ANSES avait déjà relevés parmi les ingrédients ajoutés à ces produits. Lis la liste, pas le devant du paquet.
- Enrichie en calcium, et agitée avant usage, car le calcium ajouté sédimente au fond de la brique.
- En complément, dans une recette, un porridge, une béchamel ou occasionnellement au goûter, sans jamais remplacer les apports lactés quotidiens détaillés dans notre article sur les quantités de lait par jour selon l'âge.
Deux nuances utiles. L'ANSES recommande de limiter les produits à base de soja chez les moins de 3 ans du fait de leur teneur en génistéine, ce qui rend la boisson à l'amande souvent préférable au soja dans cette tranche d'âge, à usage égal. Et si ton enfant a un petit appétit ou une croissance qui s'infléchit, remplacer un aliment dense en énergie par une boisson diluée n'est pas neutre : prends l'avis de ton pédiatre avant d'installer l'habitude.
Repérer un problème et savoir quand consulter
Les signes d'une alimentation lactée inadaptée sont visibles bien avant la complication, à condition de savoir où regarder. Le premier indicateur reste la courbe de croissance, en poids puis en taille, suivie dans le carnet de santé.
Les signaux qui doivent conduire à consulter sans tarder : cassure ou stagnation de la courbe de poids, pâleur inhabituelle, fatigue et somnolence, apathie, œdèmes des jambes ou du visage, refus de boire, vomissements répétés, diarrhée persistante, ou selles anormalement rares et dures. Chez un nourrisson, une déshydratation avec bouche sèche, couches peu mouillées et pli cutané persistant impose un avis médical en urgence, et le 15 en cas de somnolence anormale ou de convulsions.
Si tu as déjà donné de la boisson à l'amande à ton bébé de moins de 1 an, même plusieurs jours : reprends une préparation infantile adaptée à son âge et prends rendez-vous pour un contrôle du poids. Une consommation ponctuelle n'a pas les mêmes conséquences qu'une substitution exclusive prolongée, et le professionnel jugera de l'utilité d'un bilan biologique, qui ne se décide pas à la maison. Un point indépendant de l'amande mérite aussi un coup d'œil au passage, la qualité de l'eau utilisée pour les biberons, traitée dans notre article sur quelle eau choisir pour le biberon.
Ce que disent les repères officiels en 2026
Les points vérifiables, avec leurs sources :
- ANSES, avis 2013 : 211 boissons végétales recensées, 75 analysées, 73 % sous le seuil énergétique minimum, 83 % d'apports protéiques inadaptés, 77 % de lipides sous le minimum, 69 % d'apports sodés inadaptés, 65 % de produits porteurs d'une allégation nutritionnelle, alcalose métabolique sévère chez un enfant de 12 mois, 13 cas de complications dont un décès. Source : avis ANSES relatif aux boissons autres que le lait maternel.
- ANSES, avis 0 à 3 ans : pas de substitution des préparations infantiles par des boissons végétales avant 1 an, soja non proposé durant les six premiers mois, 10 à 14 % d'allergie croisée au soja, fruits à coque et arachide jamais entiers. Source : avis ANSES 0-3 ans.
- ANSES, grand public : le lait maternel et les préparations infantiles sont les seules alimentations lactées adaptées avant 1 an. Source : page ANSES sur le lait des nourrissons de moins d'un an.
- Santé publique France : guide nutrition de la naissance à 3 ans.
- Ministère de la Santé : cadre de la diversification alimentaire.
- Repères grand public : page jeunes enfants de 0 à 3 ans de Manger Bouger et programme des 1000 premiers jours.
Toutes ces sources convergent sur une phrase : avant 1 an, l'amande se mange, elle ne se boit pas à la place du lait.
Questions fréquentes
Peut-on donner du lait d'amande à un bébé de moins de 1 an ?
Non, jamais en remplacement du lait maternel ou d'une préparation infantile, même partiellement. L'ANSES écrit que les préparations pour nourrissons et les préparations de suite ne doivent pas être substituées par des boissons végétales chez les enfants de moins de 1 an. Une boisson à l'amande est un aliment courant, au même titre qu'un jus de fruits : elle n'a jamais été formulée pour couvrir les besoins d'un nourrisson en énergie, en protéines, en lipides, en fer, en zinc, en iode et en vitamines. Si le lait actuel de ton bébé pose problème, la solution passe par le médecin, pas par le rayon épicerie.
Pourquoi le terme « lait d'amande » est-il autorisé si le produit ne convient pas aux bébés ?
Parce que la dénomination et l'usage sont deux choses différentes. La réglementation réserve le mot lait au produit de la traite, mais l'ANSES relève dans son avis de 2013 que deux exceptions ont été maintenues pour les boissons végétales, « lait de coco » et « lait d'amande ». Toutes les autres doivent s'appeler boisson ou jus. Cette tolérance porte sur le nom commercial et ne dit rien de la valeur nutritionnelle du produit. En rayon, le seul repère fiable est la mention « préparation pour nourrissons » ou « préparation de suite ».
Mon bébé est allergique aux protéines de lait de vache, le lait d'amande est-il une solution ?
Non, et c'est la confusion la plus dangereuse sur ce sujet. Une allergie aux protéines de lait de vache se prend en charge avec des produits médicaux : hydrolysat poussé de protéines, préparation à base d'acides aminés libres, ou dans certaines situations préparation infantile à base de protéines de riz ou de soja. L'ANSES précise que les préparations au soja ne devraient pas être proposées pendant les six premiers mois de vie, ni en première intention chez l'enfant allergique aux protéines de lait de vache, car 10 à 14 % de ces nourrissons sont aussi allergiques aux protéines de soja. Le choix revient au médecin.
À partir de quel âge une boisson à l'amande devient-elle acceptable ?
À partir de 1 an, une boisson à l'amande non sucrée et enrichie en calcium peut être proposée ponctuellement, à condition qu'elle ne remplace pas l'alimentation lactée principale, qui reste le lait de croissance ou le lait de vache entier selon le repère retenu avec ton médecin. Une boisson à l'amande dans un porridge, dans une béchamel ou occasionnellement au goûter ne pose pas de problème chez un enfant qui mange varié. Ce qui pose problème, c'est le biberon d'amande à la place du lait.
La purée d'amande est-elle plus intéressante que la boisson à l'amande ?
Sur le plan nutritionnel oui, mais elle ne change rien à la règle des 1 an pour l'alimentation lactée. Une purée d'amande complète est un concentré d'amande, riche en lipides, en magnésium et en vitamine E, là où une boisson est essentiellement de l'eau avec quelques pourcents d'amande. Une petite cuillère de purée bien lisse mélangée à une compote convient à partir du moment où les fruits à coque ont été introduits. Deux règles de sécurité restent absolues : jamais d'amande entière avant 5 ans en raison du risque d'étouffement, et une purée réellement lisse, sans éclats.
Article rédigé par le Dr. Claire Vasseur, pédiatre nutritionniste, à jour au mois d'août 2026. Ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de prématurité, d'allergie connue, de régime d'exclusion familial ou de doute sur la croissance de ton bébé, demande l'avis de ton pédiatre avant toute modification de son alimentation lactée.
Questions fréquentes
- Peut-on donner du lait d'amande à un bébé de moins de 1 an ?
- Non, jamais en remplacement du lait maternel ou d'une préparation infantile, même partiellement. L'ANSES écrit que les préparations pour nourrissons et les préparations de suite ne doivent pas être substituées par des boissons végétales chez les enfants de moins de 1 an. Une boisson à l'amande est un aliment courant, au même titre qu'un jus de fruits : elle n'a jamais été formulée pour couvrir les besoins d'un nourrisson en énergie, en protéines, en lipides, en fer, en zinc, en iode et en vitamines. Les accidents rapportés chez des bébés nourris ainsi s'installent en quelques semaines. Si le lait actuel de ton bébé pose problème, la solution passe par le médecin, pas par le rayon épicerie.
- Pourquoi le terme lait d'amande est-il autorisé si le produit ne convient pas aux bébés ?
- Parce que la dénomination et l'usage sont deux choses différentes. La réglementation réserve le mot lait au produit de la traite, mais l'ANSES relève dans son avis de 2013 que deux exceptions ont été maintenues pour les boissons végétales : lait de coco et lait d'amande. Toutes les autres doivent s'appeler boisson ou jus. Cette tolérance porte sur le nom commercial et ne dit rien de la valeur nutritionnelle du produit ni de son adéquation à un nourrisson. En rayon, le seul repère fiable est la mention préparation pour nourrissons ou préparation de suite, qui engage une composition encadrée par des valeurs minimales et maximales.
- Mon bébé est allergique aux protéines de lait de vache, le lait d'amande est-il une solution ?
- Non, et c'est la confusion la plus dangereuse sur ce sujet. Une allergie aux protéines de lait de vache se prend en charge avec des produits médicaux : hydrolysat poussé de protéines, préparation à base d'acides aminés libres, ou dans certaines situations préparation infantile à base de protéines de riz ou de soja. Ce sont des préparations réglementées, enrichies pour couvrir l'intégralité des besoins du nourrisson. L'ANSES précise que les préparations au soja ne devraient pas être proposées pendant les six premiers mois de vie, ni en première intention chez l'enfant allergique aux protéines de lait de vache, car 10 à 14 % de ces nourrissons sont aussi allergiques aux protéines de soja. Le choix revient au médecin.
- À partir de quel âge une boisson à l'amande devient-elle acceptable ?
- À partir de 1 an, une boisson à l'amande non sucrée et enrichie en calcium peut être proposée ponctuellement, à condition qu'elle ne remplace pas l'alimentation lactée principale, qui reste le lait de croissance ou le lait de vache entier selon le repère retenu avec ton médecin. Une boisson à l'amande dans un porridge, dans une béchamel ou occasionnellement au goûter ne pose pas de problème chez un enfant qui mange varié. Ce qui pose problème, c'est le biberon d'amande à la place du lait. Avant d'en faire une habitude quotidienne, parles-en à ton pédiatre, surtout si ton enfant a un petit appétit ou une croissance qui s'infléchit.
- La purée d'amande est-elle plus intéressante que la boisson à l'amande ?
- Sur le plan nutritionnel oui, mais elle ne change rien à la règle des 1 an pour l'alimentation lactée. Une purée d'amande complète est un concentré d'amande, riche en lipides, en magnésium et en vitamine E, là où une boisson est essentiellement de l'eau avec quelques pourcents d'amande. Une petite cuillère de purée bien lisse mélangée à une compote ou à un porridge convient à partir du moment où les fruits à coque ont été introduits, en général au cours de la diversification. Deux règles de sécurité restent absolues : jamais d'amande entière avant 5 ans en raison du risque d'étouffement, et une purée réellement lisse, sans éclats.